Comment les matériaux mis en œuvre en intérieur influencent notre confort ?

Les matériaux mis en œuvre en intérieur ont un impact sur le confort thermique ressenti par les personnes.

Le confort thermique ressenti par les personnes via leur corps est la composante de plusieurs facteurs. Ces facteurs sont la température ressentie, le mouvement de l’air, l’humidité, mais également l’habillement et l’activité physique et aussi l’état des personnes (sous tension, malade…)  – éléments que le concepteur ne peut toutefois pas anticiper. Nous nous concentrons donc sur les premiers facteurs : température ressentie, mouvement d’air, humidité. Le corps humain, comme tous les corps, échange de la chaleur avec son environnement, par rayonnement, convection et évaporation.

La température ressentie ou température opérative est la moyenne entre la température de l’air et la température des parois. La température superficielle des parois est fonction de leur température interne, qui évolue plus ou moins vite en fonction de leur capacité thermique, de leur taux d’humidité… Elle dépend aussi de leur effusivité, c’est-à-dire leur capacité à absorber ou restituer une puissance thermique. Ainsi, une finition en lambris bois ou enduit terre-chanvre est moins effusive qu’une pierre nue. La température superficielle sera donc moins influencée par la température à cœur de la paroi. Notre corps échange sa chaleur par rayonnement avec les parois qui l’entourent et par convection et conduction avec l’air qui l’entoure. Classiquement on commence à avoir « chaud » au-delà de 28°C de température ressentie.

Le mouvement de l’air, ou vitesse de l’air au sein du local est le second facteur de confort maîtrisable par le concepteur. Elle varie en général entre 0 et 1m/s. Plus la vitesse percute notre corps de façon élevée, plus notre corps peut se rafraîchir par échange convectif, qui permet à l’humidité perlant notre corps de s’évaporer, créant ainsi de la fraîcheur ! ce qui explique qu’une température de 27°C à 0m/s procure environ le même confort qu’une température de 30°C à 0 .5m/s par exemple. Lorsque la température de l’air ainsi projeté dépasse celle de notre corps on a par contre une sensation de « chauffage ». C’est ce qu’on peut constater dans le désert, ou sous un rideau d’air chaud…

L’humidité enfin : un air chaud et trop humide devient suffoquant car notre corps humain a alors moins de marge pour suer puisque l’air est déjà presque saturé en humidité. En revanche l’humidité résiduelle au sein des parois est un point intéressant car elle va s’évaporer au fur et à mesurer que la température s’élève, et donc retarder l’élévation en température de la paroi. Les parois avec une bonne capacité de stockage hygrique, comme les enduits terre-chanvre, le béton de chanvre, notamment sont donc intéressantes spécifiquement pour le confort estival. Elles seront intéressantes aussi en hiver, mais pour les raisons opposées.

Publié par heloisepe

Gérante de P-tréma. Ingénieure en performance énergétique, matériaux & qualité environnementale du patrimoine bâti. Et aussi : cycliste, chanteuse et composteuse.

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